iberianOption

iberianOption

2016-2017
1995-2016
2015
Signes 1984
Ocupat 1997

L’art de Catalin Guguianu est hybride. Dans sa série « iberianOption », il s’intéresse à l’espace ibérique et son brassage culturel. Là-même où les forces de vie et de mort s’expriment autour de signes évoquant la tauromachie.
« iberianOption » se concentre sur le commentaire du signe. Des marques d’élevage qui ponctuent chaque étape du protocole tauromachique. Cette pratique ancestrale, réalisée au fer rouge sur la peau de l’animal, permet son identification au sein des « Ganaderias », des élevages de taureaux de combats.

L’artiste utilise la gouache. Les secrets de cette peinture à l’eau contribuent à une extrême finesse du trait. Les marques distinctives se démembrent subtilement par abstraction. Leur tracé devient une entaille qui prend parfois le voile de l’empreinte de la calligraphie arabe.

Ce véritable alphabet de formes s’apparente à des pièces de puzzle qui font écho entre elles. Elles s’associent, s’assemblent, se dissocient selon l’«Option» de vision du regardeur. Avec cette épreuve de reconnaissance, ce processus de pensée préverbal, l’artiste joue autant avec le signifié que le signifiant. Le signe frappe l’œil puis l’esprit. Dans cette conjonction de la trace et de l’image, ce mouvement narratif devient un récit qui se déploie dans le mental de chacun.

L’œuvre est d’une ardeur formelle. La recherche maîtrisée par l’ordre de l’automatique laisse s’exprimer les impulsions picturales de l’artiste, à la fois symétriques et chaotiques. La scénographie plastique se révèle sous un arrangement spatial qui se concentre au sein d’une forme géométrique arrondie. Elle évoque le « tondo », l’arène de la Corrida. On distingue également, la forme d’une oreille de taureau ; pièce totémique, trophée du spectacle.

La surface est investie avec des interruptions. Certaines pièces commencent sans se finir, comme une respiration saccadée. Ce rythme haché suggère la respiration haletante de l’animal lors de la mise à mort. Cette métaphore lie les conditions du taureau sacrifié à la rudesse de la vie qu’un artiste peut endurer.
Dans cette bataille, Thanatos côtoie Eros. Le funèbre et l’organique s’affrontent. Le débordement a lieu dans les retrouvailles avec l’autre. Un érotisme pur se dégage où l’audace, la force et la sensualité sont complices.

Catalin Guguianu nous propose ici une rencontre sémantique et iconographique corrosive qui ouvre la voie à de nombreux niveaux de lectures. Un véritable métissage où les horizons spirituels et les catégories esthétiques s’entremêlent passionnément.

Canoline Critiks.